Les Championnats du Monde Mountain Bike Enduro et E-Enduro UCI 2026, organisés ce week-end à Finale Ligure, en Italie, ont offert deux jours de course spectaculaires. L’Allemande Helen Weber et le Français Adrien Dailly ont remporté les titres mondiaux d’E-enduro le samedi, avant que l’Allemande Raphaela Richter et l’Australien Ryan Gilchrist ne s’emparent des maillots arc-en-ciel d’enduro le dimanche.
E-enduro Femmes : Weber met la pression d’entrée
L’Allemande Helen Weber a livré une prestation mémorable samedi en s’imposant avec autorité dans l’épreuve féminine d’E-enduro. Intouchable, la coureuse de 23 ans a remporté cinq des six spéciales chronométrées pour décrocher son premier maillot arc-en-ciel d’E-enduro.
Weber a donné le ton dès la première spéciale, Toboga di Canova, même si la légendaire Britannique Tracy Moseley, âgée de 47 ans, et la Française Laura Charles restaient à portée. La course a basculé sur la plus longue spéciale de la journée, Megaroller, longue de 6,6 km pour 907 m de dénivelé négatif, où Moseley a été victime d’un incident mécanique qui lui a coûté près de deux minutes et demie. Weber en a profité pour remporter une nouvelle spéciale et accroître son avance, même si Charles n’a concédé que six secondes.
Weber a poursuivi sa domination sur E-Voland, portant son avance à 54 secondes à mi-course, avant de s’imposer également sur Rugetta puis sur l’avant-dernière spéciale. Moseley a finalement mis fin à la série de l’Allemande dans l’ultime descente, mais la victoire finale de Weber était alors déjà acquise.
Weber a bouclé la course en 44:37,705, soit plus d’1 min 18 s d’avance sur Charles. La Française Estelle Charles, Championne du Monde UCI 2024, complète le podium. Grâce à une belle fin de course, Moseley s’est classée sixième.
« Un titre mondial, c’est quelque chose dont on rêve, a déclaré Weber après la course. Mon équipe et moi avons énormément travaillé ces trois dernières années pour en arriver là… Je suis tellement heureuse de terminer la saison sur une telle note. Finale, c’est le berceau de l’enduro. C’est ici que j’ai commencé l’enduro il y a dix ans, sur un semi-rigide. La boucle est bouclée. »
E-enduro Hommes : Dailly conserve son titre
Le Français Adrien Dailly a conservé son titre de Champion du Monde E-Enduro UCI, couronnant une saison remarquable par un nouveau maillot arc-en-ciel. Cette victoire en Italie fait suite à son succès au classement général de la Coupe du Monde Enduro UCI 2026 quelques semaines plus tôt.
Dailly a affiché ses ambitions dès la première spéciale, Toboga di Canova, qu’il a remportée avec cinq secondes d’avance. Mais c’est l’exigeante spéciale Megaroller qui s’est révélée décisive. Le coureur de 30 ans y a signé un passage de classe mondiale, de 23 secondes plus rapide que son plus proche rival, creusant un écart important sur ses poursuivants.
Son compatriote Damien Oton a tenté de réagir en remportant la troisième spéciale, mais Dailly a répliqué sur Rugetta pour accroître son avance au général. Calme et maître de lui-même sur les deux dernières spéciales, il a laissé ses adversaires s’adjuger des victoires de spéciale tout en préservant son avantage.
Dailly a bouclé la course en 39:07,093, avec près de 36 secondes d’avance sur Oton. Le Belge Martin Maes complète le podium.
« C’était intense, avec des spéciales vraiment longues et physiques, a commenté Dailly. J’ai attaqué fort dans la deuxième spéciale pour créer des écarts, puis j’ai continué à pousser jusqu’à l’arrivée… J’ai de superbes souvenirs ici. Les courses sont toujours dures et physiques, mais l’ambiance à Finale est formidable. Je suis venu ici pour la première fois il y a une quinzaine d’années, alors c’est toujours spécial de revenir. »
Enduro Femmes Élite : le suspense jusqu’au bout
L’Allemande Raphaela Richter a remporté le maillot arc-en-ciel au terme d’une course d’enduro féminine mémorable à Finale Ligure. La coureuse de 29 ans a pris un départ parfait en remportant la première spéciale, Megaroller, avec trois secondes d’avance sur la Française Isabeau Courdurier.
Courdurier a immédiatement riposté pour prendre la tête du général à l’issue de la deuxième spéciale, remportée par la Britannique Ella Conolly, favorite avant la course. Après la troisième spéciale, Courdurier a porté son avance sur Richter à 1,642 seconde, avant que l’Allemande ne réplique dans la quatrième spéciale, en 2:09,898, pour reprendre la tête du général avec seulement 0,443 seconde d’avance.
L’Italienne Nadine Ellecosta a remporté la cinquième spéciale, Blitz, longue de 4,13 km pour 496 m de dénivelé négatif, en 11:02,835, réduisant l’avance de Richter à 3,722 secondes. Courdurier pointait alors au troisième rang du général, à 9,394 secondes.
Tout s’est joué dans la sixième et dernière spéciale, DH Men, longue de 2,35 km pour 297 m de dénivelé négatif. Fait remarquable, Courdurier a remporté cette ultime spéciale en 5:18,742, mais Richter, troisième, a préservé son avance au général pour décrocher le maillot arc-en-ciel avec seulement 1,575 seconde d’avance sur Courdurier. Ellecosta a pris la troisième place.
Enduro Hommes Élite : première spéciale et maillot arc-en-ciel pour Gilchrist
L’Australien Ryan Gilchrist s’est adjugé le maillot arc-en-ciel de l’enduro Hommes Élite, en remportant la course en six spéciales en 36:20,262.
Le coureur de 24 ans a frappé le premier dans la spéciale 1, devançant le Champion du Monde UCI sortant, l’américain Richie Rude, de seulement 0,351 seconde. La spéciale 2, longue de 930 m seulement pour 161 m de dénivelé négatif, est revenue à l’Australien Luke Meier-Smith, mais Gilchrist, deuxième, a conservé la tête du général avec 3,408 secondes d’avance sur Rude.
Meier-Smith s’est également imposé dans la spéciale 3. Gilchrist, lui, n’a pas figuré dans le top 5 de la spéciale, mais il est resté en tête du général, Rude ayant pointé à 4,555 secondes. La spéciale 4 était un nouveau test court et intense : 960 m de long pour 158 m de dénivelé négatif. Meier-Smith l’a de nouveau emporté devant Rude et Gilchrist, qui conservait 2,601 secondes d’avance sur l’Américain.
La course s’est resserrée dans la spéciale 5, longue de 4,13 km pour 496 m de dénivelé négatif. Le Canadien Elliot Jamieson s’y est imposé en 9:27,062, avec près de cinq secondes d’avance sur Gilchrist, mais l’Australien menait toujours avec 6,914 secondes d’avance avant la dernière spéciale.
Rude a remporté la dernière spéciale, longue de 2,35 km, en 4:36,944, devant Jamieson, Gilchrist terminant quatrième. Cela a suffi à l’Australien pour décrocher le titre mondial, qui s’ajoute au titre mondial UCI de pump track remporté en 2024. Grâce à sa remontée en fin de course, Jamieson s’est offert la médaille d’argent à 4,860 secondes et Rude le bronze.
Enduro Juniors : Libnik et Marti Montessinos
La Slovène Nežka Libnik a remporté le maillot arc-en-ciel de l’enduro Femmes Juniors, devant l’Américaine Daisy James et la Française Chloe Cres Clement.
Chez les Hommes Juniors, le Français Hugo Marti Montessinos s’est imposé devant son compatriote Jules Janniaud, le Canadien Nolan Weiss complétant le podium.