Championnats du Monde Piste Junior UCI : un nouveau record du monde battu, quatre titres décernés

Lors de la dernière journée de compétition au vélodrome du Centre Mondial du Cyclisme UCI, un troisième record du monde est tombé, celui-ci sur l’épreuve du kilomètre contre-la-montre masculin. Sur l’épreuve du Madison – dernier ajout cycliste au programme olympique –, la compétition a été l’une des plus passionnantes de ces Championnats à Aigle, en Suisse.

Après sa médaille d’argent sur la vitesse individuelle hier, l’Australien Thomas Cornish est cette fois allé chercher l’or durant la dernière journée de compétition.

Dimanche matin, sur les qualifications du kilomètre contre-la-montre, il a battu le record du monde Junior, détenu depuis deux ans par le Canadien Stefan Ritter.

« Je pensais au record du monde, mais je ne croyais pas vraiment que c’était possible, a-t-il dit après coup. Je me sentais très bien, mais je ne suis pas rendu compte que j’allais aussi vite avant de franchir la ligne. Je n’arrive toujours pas à y croire ! »

Motivé par son nouveau record non officiel de 1’’00’498, l’Australien était le dernier des huit coureurs en finale à s’élancer pour le titre mondial.

« C’était le plus dur, vraiment. Tout le monde me félicitait pour mon record du monde, mais je n’avais pas encore gagné le titre », a-t-il confié. Pour l’emporter en finale, il devait battre le chrono de 1’’01’830 établi par Jakub Stastny. Et il a réussi : son chrono de 1’’00’979 lui a permis de cumuler titre mondial et record du monde.

A la troisième place, l'Australien Anton Hohne a rejoint Cornish et Stastny sur le podium.

Le madison fera sa toute première apparition aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, et les épreuves masculine et féminine à Aigle ont aiguisé l’intérêt des spectateurs et des athlètes. La course en peloton a ravi le public par son format spectaculaire, où deux équipes de deux se relaient pour rouler à toute vitesse avant de propulser l’autre de la main, puis passer sur le haut de la piste pour récupérer.

Sur le madison féminin, 13 équipes étaient directement qualifiées pour la finale de 20 km (100 tours), où les coureuses essaient de gagner des points durant les sprints tous les 10 tours.

Les deux membres de l’équipe française, Victoire Berteau et Marie le Net, roulent ensemble depuis deux ans et se connaissent sur le bout des doigts, et ça s’est vu : la paire collaborait parfaitement et était bien trop forte pour ses concurrentes. Les Françaises ont terminé avec 70 points, après avoir gagné huit des 10 sprints et pris un tour sur le peloton.

« Je ne sais pas comment on a fait, s’exclamait Marie le Net, médaillée de bronze l’année dernière sur cette même épreuve. Nous étions bien en jambes, et même quand nous étions bien devant et que notre entraîneur (qu’on remercie énormément) nous a dit de nous calmer, nous avons continué. »

Et sa partenaire d’ajouter : « Je regardais le tableau de temps à autre pour vérifier où nous en étions. C’est incroyable. »

Si la Russie a facilement fini deuxième, la lutte pour la troisième place a été intense jusqu’à la fin : l’Australie et l’Italie étaient à égalité à 34 points avant le dernier sprint. Un excellent dernier tour des Australiennes leur a permis de clouer les Italiennes sur la ligne pour gagner quatre points supplémentaires – contre deux pour l’Italie – et s’adjuger ainsi la médaille de bronze.

Pour le madison masculin, les coureurs ont dû passer par les qualifications dans la matinée, les sept premières équipes de chaque poule se qualifiant pour la finale de 28 km (140 tours).

La paire australienne, composée de Blake Quick et de Lucas Plapp, a impressionné tout du long, gagnant des points sur 12 des 14 sprints, et finissant avec 47 points et le titre mondial. Même s’ils s’entraînent ensemble, c’était la première fois qu’ils faisaient équipe sur le madison : « Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre, a déclaré Plapp, également médaillé d’or dans la course aux points sur ces Championnats. Notre plan était de leur prendre un tour et de les avoir à l’usure, mais les autres équipes étaient toutes très fortes. Les sprints ont donc défini la course. »

Son partenaire, médaillé de bronze sur l’omnium samedi, a ajouté : « C’était dur, mais nous étions optimistes. Il faut s’attendre à une concurrence féroce aux Championnats du Monde UCI, donc c’est génial de gagner. »

Comme l’année dernière, le duo russe composé de Lev Gonov et de Gleb Syritsa a remporté la médaille d’argent, tandis que le Danemark a réalisé une très bonne fin de course contre l’Allemagne pour s’emparer du bronze.

Une médaille par jour. Enfin, presque : l’Allemande Lea Sophie Friedrich a remporté sa quatrième médaille sur cinq jours de compétition, cette fois-ci sur le keirin. Déjà Championne du Monde UCI en vitesse par équipes, vitesse individuelle et 500 mètres contre-la-montre, elle a remporté haut la main les deux premières manches de la compétition avant de réaliser en finale une course parfaite tactiquement, en restant derrière la coureuse en tête avant de lancer son sprint final.

« C’est incroyable » ; voilà les seuls mots qu’elle avait pour décrire ses cinq jours au Centre Mondial du Cyclisme UCI. La quadruple Championne du Monde admet se sentir très fatiguée et avoir hâte de passer deux semaines en vacances sans toucher à son vélo.

La Polonaise Nikola Sibiak et la Russe Iana Tyshenko, respectivement deuxième et troisième, complétaient le podium du keirin.

L’Allemagne a terminé ces Championnats en haut du tableau des médailles avec quatre d’or et trois de bronze, suivie par l’Italie (quatre d’or) et l’Australie (trois d’or, deux d’argent et quatre de bronze).

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