Le cycle-ball aux Championnats du Monde Cyclisme en salle UCI : histoire et décryptage

Tout ce qu’il faut savoir sur le cycle-ball

Les Championnats du Monde Cyclisme en salle UCI 2026 se dérouleront du 30 octobre au 1er novembre à Ludwigsburg (Allemagne), où sept titres de Champion du Monde UCI seront en jeu. Deux d’entre eux seront attribués en cycle-ball – l’un chez les Hommes, l’autre chez les Femmes – une spécialité souvent décrite comme une forme de football à vélo.

Présentation de ce format technique et exigeant du cyclisme en salle, au programme de l’événement aux côtés du cyclisme artistique.

L’histoire

Selon la légende, un petit chien aurait surgi devant la roue de Nick Kaufmann, un cycliste artistique d’origine allemande qui se produisait aux États-Unis à la fin du 19e siècle. Pour épargner l’animal, il l’aurait écarté d’un coup de roue avant, et l’idée d’un jeu de balle à vélo serait née. En 1883, à Rochester, Kaufmann et un autre artiste, John Featherly, disputèrent le premier match avec une balle de polo.

Le cycle-ball est arrivé en Allemagne en 1901, lorsque les cyclistes artistiques berlinois Paul et Otto Lüders l’ont présenté au public. De là, le « Radball » s’est répandu en Europe centrale. Deux formes sont apparues : à deux contre deux en salle et à six contre six sur gazon. Toutes deux figuraient au programme des premiers Championnats du Monde UCI, à Leipzig (Allemagne), en 1930, remportés respectivement par l’Allemagne et la France. Aujourd’hui, seule la variante en salle à deux joueurs est reconnue par l’UCI.

Ludwigsburg accueillera la 89e édition des Championnats du Monde Cyclisme en salle UCI. L’Allemagne domine le tableau des médailles avec 35 médailles d’or, devant la Tchéquie, la Suisse, l’Autriche, la France et la Belgique. Un tournoi féminin a été ajouté au programme des Championnats du Monde UCI en 2023, et l’Allemagne en a remporté les trois éditions disputées à ce jour.

Les règles

Chaque équipe compte deux joueurs, un gardien de but et un joueur de champ. Comme au football, l’objectif est de marquer plus de buts que l’adversaire. Les joueurs contrôlent et frappent la balle avec la roue avant ou arrière de leur vélo, ou avec la tête. L’usage des mains et des pieds est interdit, sauf pour le gardien, qui peut utiliser ses mains dans la surface de réparation délimitée.

Les matches se jouent sur un terrain de 14 x 11 mètres entouré de bandes de 30 cm de haut, avec des buts de 2 x 2 mètres, en deux mi-temps de sept minutes séparées par une pause de 90 secondes. L’arbitre, qui officie à pied sur le terrain, sanctionne les fautes par des coups francs ou penalties à quatre mètres.

Outre les Championnats du Monde UCI, une Coupe du Monde Cycle-ball UCI est disputée chaque saison depuis 2002 et récompense les équipes les plus régulières sur une série de tournois. Depuis 2025, la compétition masculine comprend une Ligue Élite, réservée aux huit équipes les mieux classées, et une Challenger League, où les nations se battent pour la promotion.

Le vélo et la balle

Un vélo de cycle-ball pèse environ 13 kg. Il possède un cadre renforcé, un empattement très court et un pignon fixe sans roue libre, ce qui permet aux joueurs de se tenir en équilibre, de rester sur place, de rouler en arrière et d’accélérer de façon explosive. La selle est placée très en arrière, à tel point que les joueurs semblent juchés sur un porte-bagages. Le guidon, haut et caractéristique, rend possibles des gestes techniques étonnants avec la balle. Celle-ci mesure 17 à 18 cm de diamètre, pèse entre 500 et 600 g et est rembourrée de crin de cheval.

Les joueurs qui ont marqué l’histoire

Personne n’a dominé le cycle-ball comme les Tchécoslovaques Jan et Jindřich Pospíšil. Les deux frères ont remporté 20 titres mondiaux UCI entre 1965 et 1988, dont 14 consécutifs de 1968 à 1981.

L’ère moderne a été celle de l’Autrichien Patrick Schnetzer. Le gardien de Dornbirn a remporté huit titres mondiaux UCI depuis 2011, aux côtés de Dietmar Schneider, de Markus Bröll puis, depuis 2021, de Stefan Feurstein. Il compte aussi neuf victoires au classement général de la Coupe du Monde Cycle-ball UCI, que l’Autriche a remportée à onze reprises.

La réponse allemande est venue de Bernd Mlady, sacré Champion du Monde UCI avec son cousin Gerhard en 2017 et 2021, puis avec Raphael Kopp en 2024 et 2025. Kopp avait déjà décroché le titre mondial UCI en 2023 aux côtés de son propre cousin, André. En finale en 2025, Mlady et Kopp ont battu Schnetzer et Feurstein 6-2, avant de prendre leur retraite.

Chez les Femmes, les Allemandes Judith Wolf et Danielle Holzer sont restées invaincues l’an dernier lors des Championnats du Monde Cyclisme en salle UCI de Göppingen (Allemagne). Elles n’ont encaissé que trois buts en quatre matches et ont battu en finale les Suissesses Sava Baumann et Chiara Dotoli 6-1. Les Japonaises Sayaka Tokuhiro et Nana Yamashita ont complété le podium.

Ludwigsburg en 2026

Avec la retraite de Mlady et Kopp, la Ligue Élite masculine est plus ouverte que jamais. Médaillés d’argent en 2024 et 2025, Schnetzer et Feurstein viseront le premier titre autrichien depuis 2022, et un neuvième sacre pour Schnetzer. Les frères suisses Timon et Yannick Fröhlich figurent parmi les principaux prétendants. Wolf et Holzer défendront quant à elles leur couronne à domicile, l’année où les femmes disposent aussi, pour la première fois, de leur propre Coupe du Monde UCI.

Les Championnats du Monde Cyclisme en salle UCI constituent le grand rendez-vous annuel du cycle-ball : trois jours durant lesquels les meilleures équipes de deux joueurs au monde se disputent les maillots arc-en-ciel et une place dans une histoire vieille de près d’un siècle.