À peine de retour à l’entraînement après sa chute sur La Vuelta Ciclista a España, Tadej Pogačar (UAE Team Emirates - XRG) occupe toujours la première place du Classement Mondial UCI individuel Hommes Élite, grâce à ses performances historiques de mars à août.
La star slovène domine le classement pour la sixième année consécutive avec un total de 9 331,75 points, soit quelque 2 000 de plus que son dauphin, Remco Evenepoel qui, lui, en a accumulé 7 191,61. Si le Slovène a récolté l’essentiel de ses points, 5 791,75, sur les courses par étapes, le leader belge de Red Bull - Bora - Hansgrohe a dominé le Classement Mondial UCI des courses d’un jour avec 4 282,86 points.
Derrière Pogačar et Evenepoel figurent deux jeunes prodiges. Troisième à 23 ans, Isaac Del Toro (UAE Team Emirates - XRG) ne devance que de quelques points le Français Paul Seixas, entré récemment dans l’histoire en devenant le plus jeune vainqueur d’Il Lombardia, deux semaines à peine après avoir fêté ses 20 ans. Le coéquipier mexicain de Pogačar totalise 5 606,46 points, contre 5 580,38 points pour le leader de Decathlon CMA CGM.
Un printemps palpitant
La victoire d’Evenepoel au Chrono des Nations, dimanche dernier en France, a parfaitement bouclé une saison qu’il avait lancée en fanfare dès l’hiver. Début février, il comptait déjà six succès grâce à un début d’année parfait en Espagne : le Trofeo Ses Salines, le Trofeo Serra Tramuntana, le Trofeo Andratx-Pollença et le classement général de la Volta Comunitat Valenciana, assorti de deux victoires d’étape.
De son côté, Pogačar a fait son retour à la compétition en Italie avec deux coups d’éclat en mars : une quatrième victoire aux Strade Bianche, au terme d’un numéro en solitaire de 80 km, devant Seixas et Del Toro, puis un premier succès sur Milano - Sanremo.
Son premier duel avec Evenepoel a eu lieu quelques semaines plus tard, sur le Ronde van Vlaanderen, et les deux hommes n’ont pas déçu. Au terme d’une bataille acharnée, Pogačar s’est imposé pour la troisième fois sur le Monument flamand, après deux victoires en 2023 et 2025, tandis qu’Evenepoel montait sur le podium, à la troisième place, derrière Mathieu van der Poel, pour sa première participation.
Le duo a également pris la première et la troisième place de Liège-Bastogne-Liège, tandis que Seixas s’est intercalé à la deuxième. Le Slovène a ainsi décroché son 13e Monument : un Milano - Sanremo, trois Ronde van Vlaanderen, quatre Liège-Bastogne-Liège et cinq Il Lombardia. Seule pièce manquante au puzzle unique de Pogačar : Paris - Roubaix, où il a terminé deuxième pour la deuxième année consécutive, cette fois derrière Wout van Aert, de la Team Visma | Lease a Bike.
Evenepoel a conclu sa campagne printanière par une victoire à l’Amstel Gold Race, avant de signer une fin de saison spectaculaire sur les courses d’un jour : vainqueur de la Donostia San Sebastian Klasikoa, du Grand Prix Cycliste de Québec, du contre-la-montre individuel des Championnats du Monde Route UCI, de la course en ligne des Championnats d’Europe UEC et du Chrono des Nations. Il a également terminé cinquième du Grand Prix Cycliste de Montréal et quatrième à Il Lombardia.
Des performances historiques sur les courses par étapes
Si Pogačar a vu une Classique lui échapper au printemps, son parcours sur les courses par étapes a été irréprochable jusqu’à son abandon sur La Vuelta Ciclista a España. Deux jours seulement après son succès à Liège, il s’est présenté au Tour de Romandie, l’une des rares épreuves de l’UCI WorldTour absentes de son palmarès. Plus pour longtemps : il y a remporté quatre étapes en route vers la victoire finale, devant Florian Lipowitz (Red Bull - Bora - Hansgrohe) et Lenny Martinez (Bahrain - Victorious). La Suisse lui réservait encore d’autres satisfactions, puisqu’il a également gagné le Tour de Suisse pour sa première participation, avec trois victoires d’étape et six minutes et demie d’avance sur Richard Carapaz (EF Education-EasyPost).
Le Tour de France était un terrain bien plus familier pour celui qui avait déjà remporté l’épreuve à quatre reprises en 2020, 2021, 2024 et 2025, au moment du Grand Départ de Barcelone, en Espagne. Son rival historique, le danois Jonas Vingegaard, s’est emparé du premier maillot jaune dans la foulée de sa victoire au Giro d’Italia en mai. Mais UAE Team Emirates - XRG a rapidement repris le contrôle : Del Toro a remporté la deuxième étape devant son leader slovène, qui a pris le maillot jaune dès le lendemain aux Angles. Avec de nouvelles victoires d’étape à Gavarnie-Gèdre, au Lioran, au Markstein et à l’Alpe d’Huez, Pogačar a décroché son cinquième succès final, égalant le record de Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain.
À ses côtés sur le podium à Paris, Del Toro, à la troisième place, portait le maillot blanc de meilleur jeune, comme Pogačar de 2020 à 2023. Entre les deux stars d’UAE Team Emirates - XRG, Evenepoel a pris la deuxième place, avec deux victoires d’étape à son actif.
Après que Vingegaard est devenu le huitième coureur à remporter les trois Grands Tours grâce à sa victoire au Giro d’Italia, Pogačar s’est présenté sur La Vuelta avec l’ambition de l’imiter. Il a endossé La Roja, le maillot de leader du classement général, dès le premier jour et disposait d’une avance confortable lorsqu’il a chuté lors de la huitième étape. Enric Mas de la Movistar Team a saisi l’occasion pour devenir le premier vainqueur espagnol de La Vuelta depuis Alberto Contador en 2014. Pour réunir le palmarès le plus complet de l’histoire du cyclisme sur route, Pogačar devra donc revenir à la charge.