La première manche de la Coupe du Monde BMX Freestyle UCI 2026 débute ce mois-ci, du 13 au 17 mai, à Montpellier, en France. Le Flatland figure au programme. Mais en quoi consiste cette spécialité impressionnante du BMX Freestyle ?
Le BMX Freestyle Flatland est souvent décrit comme une forme de « breakdance à vélo ». Il suffit de le voir pour comprendre pourquoi. Contrairement au BMX Racing, où les coureurs s’affrontent sur une piste à grande vitesse, ou au BMX Freestyle Park, où les athlètes utilisent des rampes pour s’envoler dans les airs, le Flatland se déroule sur une surface plane. Les coureurs réalisent des figures, des pirouettes et des transitions en utilisant uniquement leur vélo, leur créativité et leur maîtrise. L’originalité est essentielle dans le Flatland de haut niveau.
À première vue, cela semble impossible. Les vélos pivotent sur eux-mêmes, les guidons tournent sans fin, et les riders semblent glisser sans toucher le sol. Le Flatland est à peu près ce qu’il y a de plus technique et expressif en cyclisme. Il combine athlétisme, équilibre, rythme et imagination. C’est autant une question de style que de difficulté, et il n’y a pas deux riders qui l’abordent de la même manière.
Les bases
Les compétitions de BMX Freestyle Flatland se déroulent généralement sur un sol lisse en salle ou sur une surface en béton à l’extérieur.
Au lieu de courir contre la montre ou de couvrir un parcours, les riders exécutent des figures chorégraphiées composées d’enchaînements et de combinaisons. L’objectif est d’impressionner les juges par la difficulté, l’originalité, la maîtrise, la fluidité, le style et la variété du programme. Une bonne performance en Flatland est harmonieuse et créative, les riders passant sans difficulté apparente d’une figure à l’autre.
Au niveau international, les riders s’affrontent individuellement, chaque athlète présentant à tour de rôle son programme devant les juges et les spectateurs. Pour participer aux épreuves du Calendrier International UCI, les riders des catégories Hommes et Femmes doivent être âgés d’au moins 15 ans.
Les figures
Parmi les figures réalisées en compétition, on retrouve couramment : des figures d’équilibre sur la roue avant ; des figures d’équilibre sur la roue arrière ; des rotations et des pivots ; des figures sur le cadre et les pegs (voir définition plus bas) ; des rotations du guidon ; des enchaînements de déplacements circulaires ; et des figures de « turbine » (une « turbine » est une technique où le rider tourne en continu en cercles, en utilisant un pied pour pousser ou « donner un coup de pied » à la roue ou au pneu de manière répétée afin de consserver son élan).
De nombreuses figures ont des noms uniques qui reflètent la culture et la créativité de la spécialité, tandis que les riders peuvent donner un nom à une figure qu’ils ont eux-mêmes inventée. Les riders de BMX Flatland combinent ces mouvements en enchaînements pouvant durer plusieurs minutes. L’une des caractéristiques déterminantes du Flatland est sa constante évolution : les athlètes inventent constamment de nouvelles figures ou adaptent celles qui existent déjà, car l’originalité est très valorisée. L’innovation joue un rôle essentiel dans la réussite.
Découvrez les temps forts des Championnats du Monde UCI de BMX Freestyle Flatland de l'année dernière, disputés dans le cadre des Championnats du Monde Urban Cycling UCI de Riyad, en Arabie saoudite :
Le vélo
Les vélos de BMX Flatland se distinguent des autres vélos de BMX car ils sont conçus pour l’équilibre et le contrôle des figures. Ils sont généralement plus légers et plus compacts que les vélos de BMX Freestyle Park ou de BMX Racing, ce qui aide les riders à réagir rapidement et à garder le contrôle.
L’une des caractéristiques les plus distinctives est l’utilisation de pegs – de petits cylindres métalliques fixés aux axes des roues – sur lesquels les riders se tiennent debout lorsqu’ils réalisent des figures et des transitions.
La pression des pneus, les dimensions du cadre (fourches à angle prononcé et tube supérieur court) et la configuration du guidon sont toutes choisies pour s’adapter au style individuel du cycliste. Il est obligatoire d’avoir une chaîne de transmission sur le vélo, ce qui permet de l’utiliser comme un vélo « classique ».
La géométrie unique de ces vélos permet aux athlètes de faire pivoter librement le guidon et le cadre. L’utilisation de freins est facultative. La tendance actuelle est de rouler sans freins, ce qui rend certaines figures plus difficiles à réaliser car il n’y a pas de « filet de sécurité » pour empêcher une roue de tourner. L’équilibre devient encore plus important lorsqu’on roule sans freins.
La créativité
Le Flatland a vu le jour à la fin des années 1970 et au début des années 1980, lorsque les riders de BMX ont commencé à expérimenter des figures sur un sol lisse plutôt que sur des pistes de terre ou des rampes. Au fil du temps, il a développé sa propre identité artistique. La musique, la mode et la culture urbaine ont toutes influencé l’évolution du Flatland. Contrairement à de nombreux sports où les athlètes exécutent des mouvements similaires, le Flatland encourage l’individualité. Les riders développent souvent leurs propres figures et styles caractéristiques, rendant chaque performance unique. Certains athlètes privilégient des combinaisons très techniques et difficiles, tandis que d’autres se concentrent sur la fluidité, la musicalité ou l’expression artistique. Cette liberté est l’une des raisons pour lesquelles le Flatland a su créer une communauté mondiale passionnée.
La scène mondiale
Aujourd’hui, le BMX Flatland est pratiqué dans le monde entier, avec des scènes très actives dans de nombreux pays, notamment au Japon, en France, en Allemagne, en Espagne et aux États-Unis. L’Union Cycliste Internationale (UCI) a organisé pour la première fois des Championnats du Monde UCI de BMX Freestyle Flatland à Chengdu, en Chine, en 2019. Le Tchèque Dominik Nekolný et l'Autrichienne Irina Sadovnik ont été les premiers à recevoir le maillot arc-en-ciel de Champion du Monde UCI.
Les compétitions internationales mettent désormais en avant les meilleurs riders du monde, qui exécutent des figures de plus en plus complexes et innovantes. Les riders japonais ont joué un rôle particulièrement important dans le Flatland moderne, élevant le niveau technique de ce sport à des sommets extraordinaires. La scène féminine s'est également développée rapidement ces dernières années.
L'attrait
Les compétitions de Flatland sont uniques. Elles sont à la fois compétitives et créatives. Les fans sont attirés par l'originalité des performances et les possibilités infinies de ce que les riders peuvent faire avec leur vélo. Comme il n'y a ni rampes, ni sauts, ni pistes de course, le Flatland ramène le BMX à ses éléments les plus purs : le rider, le vélo et l'imagination.
Pour certains, c’est un sport. Pour d’autres, c’est de l’art. Pour de nombreux riders, c’est à la fois l’un et l’autre. Et que vous le découvriez pour la première fois ou que vous le suiviez depuis des années, le BMX Freestyle Flatland reste l’une des démonstrations de talent et de créativité les plus fascinantes du cyclisme.