À l'approche des Championnats du Monde Mountain Bike Eliminator UCI 2026, qui se dérouleront à Barcelone, en Espagne, le 18 avril, découvrons ensemble ce format du mountain bike au rythme très intense.
Les courses de cross-country eliminator (XCE) sont spectaculaires, rapides et faciles à suivre. Les coureurs s’affrontent sur des parcours courts combinant éléments naturels et obstacles aménagés pour l’occasion. Disputées principalement dans des cadres urbains, les compétitions permettent aux fans de suivre l’action au plus près des athlètes.
Le XCE est un format à élimination directe en apparence simple. Mais il est en réalité plus complexe en raison du mélange de stratégie, de vitesse, de puissance, de maîtrise du vélo et de courage qui le caractérise et qui fait de chaque manche un spectacle explosif.
L'évolution de l'eliminator
Les premiers Champions du Monde UCI de XCE ont été couronnés en 2012 dans le cadre des anciens Championnats du Monde Mountain Bike et Trial UCI, à Saalfelden-Leogang, en Autriche. Le titre masculin avait été remporté par le Suisse Ralph Näf, tandis que la Suédoise Alexandra Engen s'était imposée chez les Femmes devant, excusez du peu, la Suissesse Jolanda Neff, qui, dans les années suivantes, allait remporter des titres mondiaux UCI et olympiques en cross-country olympique (XCO) ainsi que l'or aux Championnats du Monde UCI de cross-country marathon (XCM).
Comment se déroulent les compétitions ?
La longueur des parcours des Championnats du Monde Mountain Bike Eliminator UCI peut varier de 500 à 1’000 m, chaque manche se disputant sur un maximum de deux tours et se terminant en moins de deux minutes. La force physique et mentale est extrêmement importante, tout comme la capacité à récupérer entre les manches qui s’enchaînent rapidement. En effet, pour atteindre la finale, il y a fort à faire : tous les concurrents participent à un contre-la-montre d’un tour, avec un départ individuel. Parmi eux, les athlètes les plus rapides se qualifient pour les huitièmes de finale. Vient ensuite une série de manches éliminatoires mettant chacune aux prises quatre coureurs s’affrontant sur deux tours, les deux premiers à franchir la ligne d’arrivée se qualifiant pour le tour suivant. Les coureurs classés aux troisième et quatrième places sont éliminés.
Les résultats du contre-la-montre déterminent également la composition des séries de chaque manche afin de garantir que le qualifié le plus rapide ne puisse pas rencontrer les deuxième, troisième et quatrième qualifiés les plus rapides avant la finale. Chaque manche représente à la fois une opportunité de progresser et un danger. Une chaîne qui déraille ou une crevaison peut tout faire capoter ; un mauvais départ peut réduire à néant la stratégie de course ; un dépassement manqué, ou un virage pris trop fort qui se solde par une chute… et le rêve du maillot arc-en-ciel peut s’envoler en une fraction de seconde !
Il y a ensuite l’aspect stratégique de la gestion de l’énergie. Après le contre-la-montre, il reste de nombreuses manches à disputer. Et à mesure que le nombre de coureurs en lice diminue, les temps de récupération raccourcissent… vaut-il la peine de prendre le risque de lever un peu le pied en demi-finale pour tout garder pour la finale elle-même ?
Les coureurs
Beaucoup des grands noms du XCE sont des spécialistes du format, mais nombre d’entre eux courent aussi régulièrement dans d’autres spécialités et disciplines, telles que l’XCO, le cross-country short track (XCC), l’enduro, l’E-mountain bike, le gravel et la route. Une chose est sûre : le rythme explosif et les accélérations rapides exigent que les coureurs soient puissants pour s’imposer en XCE.
Les vainqueurs historiques
Lors des premiers Championnats du Monde Mountain Bike Eliminator UCI autonomes – à Waregem, en Belgique, en 2019 –, l'Italienne Gaia Tormena et le Français Titouan Perrin-Ganier ont remporté l'or. Le Français a conservé le titre qu’il avait remporté à Chengdu, en Chine, les deux années précédentes, lorsque l’épreuve faisait partie des Championnats du Monde Urban Cycling UCI. Il a également conservé son titre en 2020, puis s’est à nouveau imposé en 2022 et 2023. Pour Tormena, il s’agissait de son premier titre, à seulement 17 ans. Le duo est de loin le plus titré de la discipline.
À Louvain, en Belgique, en 2020, la Française Isaure Medde a remporté son premier titre mondial UCI, deux ans après sa compatriote Coline Clauzure (2018). À Graz, en Autriche, l'année suivante, Simon Gegenheimer a décroché le maillot arc-en-ciel, tandis que Tormena remportait son deuxième titre – le premier d'une série de quatre titres mondiaux UCI consécutifs.
Les éditions de 2022 (à Barcelone, en Espagne) et 2023 (à Palangkaraya, en Indonésie) ont vu s’imposer Tormena et Perrin-Ganier, avant que la finale de 2024 à Aalen, en Allemagne, ne soit remportée par le Néerlandais Jeroen van Eck – le très populaire coureur local Gegenheimer décrochant le bronze, son septième podium en neuf ans. Sakarya, en Türkiye, a accueilli les Championnats du Monde Mountain Bike Eliminator UCI 2025, remportés par l’Ukrainienne Mariia Sukhopalova et le Suédois Edvin Lindh.
En 2026, les spécialistes du XCE seront de retour à Barcelone. Tormena et Perrin-Ganier aimeraient toutes deux réitérer leurs exploits passés, mais de nombreux autres coureurs sont bien décidés à écrire un scénario différent.
Ce que signifie le maillot arc-en-ciel
« J’ai rêvé de ce jour, je me réjouis de chaque jour [avec ce maillot] », a déclaré Lindh, très ému, après sa victoire en 2025, alors qu’il avait chuté lors de la finale de 2024.
L'émotion était également intense pour la gagnante de l'épreuve féminine de l'année dernière, Sukhopalova, qui a célébré sa victoire sur le podium aux côtés de sa compatriote ukrainienne Maria Sherstiuk : « Je l'ai fait, je suis sous le choc ! C'est un sentiment incroyable, je suis tellement heureuse ! »