Lorsque les meilleurs spécialistes mondiaux du cyclo-cross sont arrivés à Hulst, aux Pays-Bas, pour disputer les Championnats du Monde Cyclo-cross UCI Rabobank 2026 – où le Néerlandais Mathieu van der Poel a décroché un historique huitième maillot arc-en-ciel dans la catégorie Hommes Élite – ils ont découvert une province où le vélo fait partie intégrante de la vie quotidienne. Ces Championnats ont placé la Zélande sous les projecteurs mondiaux, mais pour la province, la compétition d’élite n’est qu’une expression parmi d’autres d’un engagement beaucoup plus large et ancien en faveur du cyclisme, construit notamment au travers de l’accueil de plusieurs manches de la Coupe du Monde Cyclo-cross UCI ces dernières années.
Le cyclisme au service des individus et de la planète
Située au sud-ouest des Pays-Bas, la Zélande a obtenu le label UCI Bike Region en 2025, en reconnaissance de ses infrastructures cyclables, de sa culture du vélo et de son engagement en faveur de la durabilité. Dans un pays où 27 % des déplacements sont effectués à vélo et où chaque citoyen parcourt en moyenne 1’065 kilomètres par an à bicyclette, la Zélande se distingue par sa capacité à exprimer la tradition nationale néerlandaise du vélo en ambition régionale claire, en investissements concrets et en mobilisation communautaire. Cette ambition est formulée dans sa stratégie « Zeeuws Toekomstbeeld Fiets 2040 » (« Vision vélo zélandaise à l’horizon 2040 »), qui vise à augmenter le nombre total de kilomètres parcourus à vélo dans la province de 20 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2022, et de 40 % d’ici 2040, grâce à des améliorations en matière de sécurité, d’accessibilité et de connexions avec les transports publics.
Les infrastructures de la Zélande constituent la base de cette approche. Avec 13’820 kilomètres de pistes cyclables séparées, la province dispose de l’un des réseaux les plus étendus des Pays-Bas. Les investissements dans les « doorfietsroutes », ou autoroutes cyclables, améliorent la connectivité régionale et la sécurité, tandis que de nouveaux pôles de mobilité regroupent des stationnements sécurisés pour vélos, des bornes de recharge pour vélos électriques ainsi que des accès aux transports publics, renforçant le vélo comme choix naturel pour les déplacements quotidiens.
Entre 2022 et 2040, la Zélande prévoit d’investir 34 millions d’euros dans les infrastructures cyclables et 17 millions d’euros dans les installations de stationnement pour vélo, ainsi que 6 millions d’euros consacrés à des programmes de formation et d’éducation. Ceux-ci incluent des cours de sécurité routière pour les enfants et les seniors, afin de développer les compétences et la confiance à vélo à travers les générations. Des partenariats avec des organisations telles que Routebureau Zeeland soutiennent le tourisme cycliste, ce qui contribue à l’entretien et à la promotion du vaste réseau récréatif de la province.
La durabilité est au cœur de la politique cyclable de la Zélande. La province vise à réduire ses émissions de CO₂ de 49 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990, le vélo jouant un rôle clé dans l’atteinte de cet objectif. Encourager le passage de la voiture au vélo permet non seulement de réduire les émissions, mais aussi de favoriser des communautés plus saines et plus agréables à vivre. Les grands événements cyclistes organisés en Zélande appliquent des pratiques écoresponsables, de la réduction des déchets à une logistique durable, conciliant excellence sportive et responsabilité environnementale.
Des compétitions cyclistes aujourd’hui, des déplacements à vélo demain
Les Championnats du Monde Cyclo-cross UCI Rabobank 2026 de Hulst ont offert une occasion forte de donner vie à cette vision. Au-delà de la compétition en elle-même, où sept titres de Champion du Monde UCI ont été attribués, l’événement a servi de catalyseur pour un large engagement communautaire.
En amont de l’événement, un programme d’activation sociale lancé en 2025 a proposé environ 50 activités liées au vélo à travers la province, mobilisant près de 10’000 personnes et illustrant la conviction de la Zélande que les grands événements doivent laisser un héritage durable.
Le programme a couvert un large éventail d’initiatives, touchant des participants de tous âges et de toutes capacités — des athlètes d’élite aux résidents de maisons de retraite et aux personnes en situation de handicap intellectuel. Il a impliqué 36 écoles primaires et secondaires, a permis d’organiser 79 ateliers et stages de cyclisme sur route et de mountain bike, et proposé une journée « Bike to Work » dédiée au cours de laquelle 182 employés ont parcouru collectivement 3’000 kilomètres. Parmi les autres temps forts, 100 kilogrammes de pièces de vélo recyclées ont été transformées en œuvres d’art, et les résidents d’une maison de retraite ont parcouru virtuellement cinq continents à vélo !
Soutenus financièrement par la municipalité de Hulst et la province de Zélande, ces initiatives ont renforcé la réputation de la Zélande en tant que région cycliste, tout en veillant à ce que les bénéfices de l’accueil de Championnats du Monde UCI dépassent largement la seule période de course. Cafés cyclistes, ateliers de sécurité et actions de sensibilisation à la santé ont contribué à célébrer le vélo comme activité sociale partagée.
Avec une population de 391’000 habitants répartis sur 2’933 kilomètres carrés, la Zélande démontre comment le vélo peut relier les communautés, soutenir le développement durable et accueillir des événements sportifs de classe mondiale. En tant qu’UCI Bike Region, la province montre que des événements d’élite tels que les Championnats du Monde Cyclo-cross UCI ne sont pas des moments isolés, mais s’inscrivent dans un écosystème plus large où les trajets quotidiens, la planification à long terme et la compétition mondiale empruntent la même voie.