L’Union Cycliste Internationale (UCI) a le plaisir de publier aujourd’hui une synthèse des contributions recueillies dans le cadre de sa consultation des parties prenantes du cyclisme sur route professionnel sur la réforme du secteur. La synthèse complète est disponible sur le site internet de l’UCI.
La publication de cette synthèse fait suite à sa présentation aux membres du Comité Directeur de l’UCI lors de la réunion de ce dernier du 20 au 22 septembre à Montréal (Canada). Elle avait été préalablement présentée aux membres du Conseil du Cyclisme Professionnel au début du mois.
La consultation, intitulée « Avenir du cyclisme sur route », a été lancée par l’UCI en février 2026. Dans une lettre adressée aux coureurs, aux équipes et à leurs propriétaires, aux organisateurs de courses, aux Fédérations Nationales affiliées à l’UCI, ainsi qu’aux associations représentatives reconnues des organisateurs, des équipes et des coureurs, l’UCI avait invité chaque partie prenante à exposer avant le 30 avril son analyse de l’état actuel du cyclisme, et sa vision de l’avenir du cyclisme sur route professionnel masculin et féminin. Cinq thèmes de consultation avaient été définis : le calendrier et la participation ; le modèle économique ; l’engagement des supporters ; la sécurité ; l’intégrité des résultats.
La consultation s’inscrit dans la volonté de faire évoluer le modèle d’organisation du cyclisme sur route professionnel afin d’en renforcer durablement l’attractivité. Si celui-ci bénéficie aujourd’hui d’une popularité importante et croissante sur les cinq continents, sa médiatisation et les revenus générés pour ses acteurs ne reflètent en revanche pas encore pleinement son potentiel. L’approche concertée qui sous-tend la consultation vise à saisir les opportunités existantes tout en préservant les forces historiques de la discipline.
L’UCI a reçu un total de 55 contributions détaillées provenant de tous les horizons du cyclisme : Fédérations Nationales de plusieurs continents, organisateurs d’épreuves d’un jour et par étapes – de la Classe 2 à l’UCI WorldTour –, équipes masculines et féminines et leurs associations, coureurs et représentants des coureurs, ainsi que fabricants d’équipements, diffuseurs et sponsors commerciaux.
Les contributions révèlent un large consensus sur les enjeux essentiels du cyclisme sur route professionnel. Les recommandations suivantes sont revenues le plus souvent :
un calendrier plus cohérent, articulé autour de blocs géographiques ;
une consolidation des droits commerciaux et médiatiques, avec un mécanisme de solidarité pour la répartition des nouveaux revenus engendrés ;
la mise en place d’un mécanisme d’équité financière au sein des équipes professionnelles (plafond budgétaire ou équivalent) ;
le renforcement de la deuxième division et le maintien d’une pyramide ouverte protégée ;
le caractère non négociable de la sécurité, avec une application plus stricte des exigences existantes ;
une croissance continue et soigneusement gérée du cyclisme féminin ;
la modernisation de la diffusion et de l’engagement des supporters ;
un arbitrage amélioré grâce aux nouvelles technologies (VAR, GPS, etc.), ainsi que des systèmes d’intégrité fiables.
La sécurité constitue le point de convergence le plus fort des contributions, avec un appel commun à une responsabilité partagée entre organisateurs, équipes et coureurs. Ce consensus conforte les travaux déjà engagés en la matière par SafeR – l'organisme créé par l'UCI et les principales parties prenantes du cyclisme sur route pour améliorer la sécurité en course –, qui se poursuivront selon leur propre calendrier, indépendamment de celui de la réforme.
Si les contributions convergent largement sur le diagnostic, elles divergent sur les modalités, en particulier sur la forme que devrait prendre un mécanisme d’équité financière et sur le degré de consolidation des droits commerciaux et médiatiques, deux questions qui figureront au cœur des discussions à venir. Le développement du cyclisme féminin fait pour sa part l’objet d’un soutien unanime, les contributions appelant à en poursuivre la croissance à un rythme maîtrisé, en consolidant l’économie des équipes féminines et la visibilité de l’UCI Women’s WorldTour.
Plusieurs réformes mises en œuvre ces dernières années ont permis de favoriser le développement du cyclisme sur route (internationalisation, nouvelles épreuves, essor du cyclisme féminin, etc.). Il s’agit aujourd’hui de poursuivre cette dynamique positive de manière collective, dans un esprit de dialogue et de responsabilité partagée, sous l’égide de l’UCI.
Les résultats de la consultation étant désormais connus, l’UCI engagera des discussions approfondies avec les différentes parties prenantes et partenaires concernés, afin de proposer des pistes en vue de l’élaboration d’un modèle renforcé, plus attractif et durable pour le cyclisme sur route professionnel masculin et féminin. Ces premières orientations seront présentées durant le Séminaire UCI Women’s WorldTour et UCI WorldTour qui se déroulera à Benidorm, en Espagne, les 9 et 10 décembre prochain. Les premières mesures pourraient être introduites dès la saison 2029.
Le Président de l’UCI David Lappartient a déclaré : « Le cyclisme sur route connaît aujourd’hui un essor sans précédent. Ce succès s’accompagne de responsabilités : celles d’identifier les nouveaux axes de progression et d’écrire ensemble le prochain chapitre de notre sport. La première de ces responsabilités est la sécurité : elle n’est pas négociable et avancera à un rythme encore plus rapide que les autres volets de la réforme. Le résultat de la consultation est remarquable, tant par la diversité que par la qualité des réponses obtenues. Ce qui unit les différentes familles du cyclisme est bien plus important que ce qui peut parfois les diviser. Le rapport présenté aujourd’hui pose les bases du travail approfondi et collaboratif qui reste à mener pour élaborer un nouveau modèle pour notre sport. Je remercie chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont participé à cette consultation, et suis confiant dans la poursuite de notre travail commun. »